Le ryokan d’art Itamuro Onsen Daikokuya   板室温泉大黒屋

Date de publication :
Itamuro onsen, Daikokuya

Itamuro onsen, Daikokuya

Entrée du ryôkan Itamuro onsen, Daikokuya

Entrée du ryôkan Itamuro onsen, Daikokuya

Itamuro onsen, Daikokuya, l'espace pour le thé

Itamuro onsen, Daikokuya, l'espace pour le thé

Itamuro onsen, Daikokuya.

Itamuro onsen, Daikokuya.

Le ryokan où l'art est roi

Etabli dans la station thermale Itamuro Onsen, dans la préfecture de Tochigi, Itamuro Onsen Daikokuya est un ryokan pas comme les autres. Des oeuvres d’art sont parsemées de-ci de-là et agrémentent les bâtiments et le grand jardin situé au bord d’une rivière, tout en enchantant les visiteurs.

M. Syunji Muroi, le propriétaire, respire la joie de vivre  et communique sa passion de l’art à ses clients de passage. Il n’en fut pas toujours ainsi.

Comme dans un roman


En effet, il fut une époque où  Monsieur Muroi n’ était pas heureux dans son ryokan. Il faisait son travail consciencieusement  mais sans grand enthousiasme. Un jour, l’un des ses clients  lui en fit la remarque et cela changea sa vie. M. Muroi demanda à cet hôte si perspicace s’il connaissait des gens épanouis dans leur travail et ce client avisé lui donna l’exemple des artistes. Ce fut un déclic. 

Après avoir visité tous les musées et toutes les galeries d’art de Tokyo, puis de Londres et de Paris, le maître des lieux  décida de consacrer sa vie à l’art et aux artistes. N’ayant personnellement aucun don artistique, il décida de faire de son ryokan un endroit consacré à l’art, une sorte de galerie "vivante". Il emprunta des millions de yens pour faire rénover son établissement et les différents autres bâtiments de la station thermale qui lui appartenaient et acheter des œuvres d’art. Mais il ne voulait pas se contenter d’être un simple collectionneur ; il voulait apporter sa contribution à l’art en aidant des artistes, devenir une sorte de mécène. Pari gagné : en 2005, M. Muroi obtint le prix du Mécénat décerné par une association de promotion du mécénat. 

Détente et culture en un seul lieu


Expositions, concerts, conversations avec des artistes... Le ryokan est un centre culturel à lui tout seul. Même le personnel de l’hôtel est constitué en grande partie d’anciens étudiants des beaux-arts ! Certains d’entre eux sont sortis de la prestigieuse Université Des Arts et de la Musique de Tokyo mais, ne pouvant vivre de leur passion, ils sont venus travailler là comme simples serveurs ou femmes de chambre !

Lire : Chôkoku no mori, premier musée en plein air du Japon

L’art a transformé le propriétaire et parfois grâce à lui, certains artistes sont  devenus célèbres, non seulement au Japon mais aussi en Europe. M. Kishio Suga, qui depuis 2008 a son propre musée "Kishio Suga Souko Museum" dans la propriété de Daikokuya, a notamment exposé à la Tate Gallery de Londres ou encore au Centre Georges Pompidou à Paris.

Quand l'art se fait art de vivre


Omniprésentes mais discrètes, totalement intégrées aux jardins et aux bâtiments, les œuvres achetées par M. Muroi n’ont pas l’air d’être "exposées",  elles paraissent avoir "poussé" là. Tout s’harmonise et semble avoir surgi naturellement, mais rien n’est laissé au hasard…

Ce sont, par exemple, les pierres du jardin, dressées comme des dolmens, elles semblent avoir toujours été là mais elles sont en fait une pure création d’artiste. Ou encore des bûches de bois, esthétiquement empilées et qui forment un joli muret. Il y a aussi des poteries ou autres objets abandonnés ça et là, au gré des envies de leur heureux propriétaire. 

Art contemporain et tradition cohabitent dans la plus grande harmonie et l’on est ravi de découvrir dans le jardin un espace réservé à la confection et à la consommation du thé japonais. Unique en son genre, le pavillon de la poésie est une sorte de kiosque où des papiers, des pinceaux et de l’encre sont mis à la disposition des hôtes pour qu’ils écrivent des poèmes qu’ils peuvent ensuite suspendre dans le kiosque.

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Itamuro onsen Daikokuya, entre tradition et modernité


Les bâtiments de l’hôtel traditionnel ont été entièrement rénovés et les murs se parent d’œuvres modernes. Le salon, de style occidental, fait plutôt penser à la pièce d’une maison individuelle qu’à celle d’un hôtel. De longues coursives, elles aussi parsemées d’œuvres contemporaines et même de petites cabines en bois réservées aux fumeurs (le ryokan est non fumeurs), mènent aux chambres. Ces dernières se déclinent dans des tons beige et ocre et privilégient l’espace et la lumière. Les clients ont le choix entre dormir sur des futon à même les tatamis ou sur des lits. 

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Tableaux, vases, meubles : tout y est sobre et élégant. On a l’impression que l’on pourrait rester enfermé ici avec bonheur pour l’éternité… Les repas, préparés avec des ingrédients locaux, sont servis dans la chambre dans de la vaisselle design. Et puis, le bain, enfin… C'est LE lieu de détente par excellence pour les Japonais. Un bassin d’eau de source réservé aux hommes et un aux femmes, chacun donnant sur un mini jardin japonais, permettent d’admirer le paysage tout en se relaxant et on trouve aussi, onsen oblige, un bassin à l’extérieur (rotenburo) pour se rafraichir l’esprit tout en se réchauffant le corps… À côté, on peut se ressourcer dans un genre de sauna fait d’une terre spéciale importée de Corée (Ohdo, de l’ocre jaune ) aux propriétés bienfaisantes.

Ici à Daïkokuya, le temps est suspendu, tout n’est que beauté, bien-être et sérénité.

Itamuro onsen, Daikokuya

Itamuro onsen, Daikokuya

'Pavillon de la poésie", Itamuro onsen, Daikokuya

'Pavillon de la poésie", Itamuro onsen, Daikokuya

Rotenburo, Itamuro onsen, Daikokuya

Rotenburo, Itamuro onsen, Daikokuya

Itamuro onsen, Daikokuya

Itamuro onsen, Daikokuya

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