Hokkaidô : la minorité aïnoue   アイヌ人

Date de publication :
Des Aïnous en costume traditionnel

Les Aïnous n'ont été reconnus comme minorité ethnique qu'en 1997.

Le Centre de la promotion de la culture Aïnou

Le Centre de la promotion de la culture Aïnou, qui propose une petite collection d'objets et une bibliothèque, se trouve à quelques minutes de la gare de Sapporo.

Musiciens animistes

Peuple indigène du nord du Japon, les Aïnous ont longtemps souffert de l'expansionnisme japonais avant d'obtenir, tardivement, le droit de protéger et promouvoir leur culture.

La minorité aïnoue s'est principalement établie à Hokkaidô, sur les disputées îles Kouriles ainsi que sur l'île de Sakhaline, au large de la Sibérie. Et cela, depuis que les Wa 和 (ancêtres des Japonais) venus de Corée ont étendu leur domination sur le territoire et repoussé les peuples autochtones. Si les deux ethnies établissent d'abord des relations commerciales, la situation se dégrade petit à petit pour les Aïnous : les velléités de conquête et d'unification du territoire augmentent chez leurs voisins les Wa.

Assimilation forcée

Considérés comme des emishi par les Japonais (soit : des barbares n'étant pas sous l'autorité de l'empereur), leurs terres sont peu à peu colonisées. Les révoltes aïnoues échouent et toute l'île de Hokkaïdô est sous domination japonaise dès le début du XIX° siècle.

En 1899, sous couvert d'aider les habitants les plus pauvres de l'île, le gouvernement japonais adopte une loi qui force les Aïnous à renoncer à leurs activités nourricières traditionnelles de chasse et de pêche pour devenir agriculteurs. Le gouvernement leur alloue des terres extrêmement pauvres, les exploitations fertiles étant réservées aux Japonais. Le peuple Aïnou s'enfonce alors dans la pauvreté, perdant également peu à peu sa langue et ses pratiques religieuses, dont l'usage leur est également interdit.

La reconnaissance

Le pouvoir politique japonais se voulant à la tête d'un pays unifié, habité par une ethnie unique, il était important pour les gouvernements des époques médiévales comme modernes de lisser toute disparité possible sur le territoire, affirmant ainsi que le Japon n'était habité que d'un seul peuple. Il en fût ainsi jusqu'à la reconnaissance de la minorité ethnique Aïnou en... 1997. Cette avancée est notamment due aux efforts de Kayano Shigeru, le premier Aïnou à avoir obtenu un siège au Parlement japonais.

Bien qu'il existe évidemment différents groupes au sein de l'ethnie Aïnou, ils partagent nombre de points communs telle qu'une langue aïnoue (n'ayant rien à voir avec le japonais), des techniques de broderie et de tatouage ainsi que des instruments de musique tels que le tonkori (cithare) ou le mukkuri (harpe buccale). Animistes, leur divinité principale est la déesse du foyer Fuchi, qui assure également la liaison entre le monde des humains et celui des esprits peuplant la nature : les kamui.

Musées et ateliers

Pour ceux qui n'effectuent qu'un court saut à Sapporo avant de s'en retourner vers le sud, le Centre de la promotion de la culture Aïnou, à quelques minutes de la gare de Sapporo, en face du jardin botanique, propose une petite collection d'objets, une bibliothèque ainsi qu'une salle vidéo et des ateliers.

Pour les curieux, il est possible de s'exercer à l'artisanat aïnou au Musée des Peuples du Nord, à Hakodate, qui propose notamment de fabriquer un mukkuri pour 500 yens. 

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