L'île de Takamijima   高見島

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Vue sur Takamijima

Vue sur Takamijima

Les ruelles en pente de Takamijima

Les ruelles en pente de Takamijima

En voie de disparition

Takamijima fait partie de l’archipel de Shiwaku, dans la mer de Setouchi. Vidée de ses habitants, elle tente d’attirer les visiteurs en participant à la Triennale de Setouchi, le festival d'art contemporain.

Des quartiers de plus en plus désertés

Takamijima fut autrefois un port fréquenté et vivait de la pêche et de la culture des pyrèthres de Dalmatie, une fleur aux vertus répulsives contre les insectes, les moustiques notamment. Aujourd’hui, l’ile se vide de sa population et ne compte qu’une quarantaine d’habitants. Avec ses quartiers entiers laissés à l’abandon, elle est un triste exemple de la dépopulation des îles de la région de Setouchi (mais d’autres régions du Japon sont également sévèrement touchées), que le projet de la Triennale essaie de sauver. C’est ainsi que Takamijima a rejoint le festival d'art contemporain en 2013. 

Takamijima signifie "l’île avec une haute vue". Elle porte bien son nom puisqu’elle est formée en grande partie par le Mont Ryuo (qui culmine à 297 mètres). Elle est divisée en trois villages dont Hama, village de pêcheurs au sud-est de l’île rassemblant la plupart de la population. C’est aussi là qu’arrive les ferrys qui la relient au port de Tadotsu, sur l'île de Shikoku. Plus au sud, le hameau de Hama abrite le sanctuaire Takami Hachiman ainsi qu’un grand cimetière très particulier. Les tombes de Takamijima sont en effet uniques, elles sont en fait constituées de deux tombes : l’une qui abrite les restes du défunt et une autre à côté où la famille vient se recueillir. 

Plus haut, à environ 50 mètres de hauteur du mont, le hameau d’Ura est construit à flanc de montagne. Ses vieilles maisons datant de l’époque d'Edo (1603-1868) et ses venelles entrelacées en font un paysage très pittoresque qui servit parfois de lieu de tournage de films. Aujourd’hui, ces belles maisons souvent désertées donnent un charme nostalgique à l'endroit.

Le troisième hameau, Itamochi, est désormais désert. Seuls des chats errent au milieu des ruelles pittoresques de ce village fantôme. 

Takamijima et la Triennale de Setouchi

Treize œuvres d’artistes japonais et d'ailleurs sont installées dans les villages de Hama et Ura afin de leur redonner vie pour quelque temps…Certaines d’entre elles ont été créées les années précédentes :

  • Takamijima Project/Time falls ("Le temps tombe"). Des rayons de lumière pénètrent à l’intérieur d’une vieille maison traditionnelle proche du port. La lumière extérieure est dirigée par les lignes d’une planche en acrylique collée au mur et vient illuminer l’intérieur. Ce spectacle symbolise l’île qui est à la merci du temps. De l’artiste japonaise Kayako Nakashima.

  • Transition House. De la même artiste. Ici aussi, la lumière est le fil conducteur de l’œuvre. Des centaines de petits trous d’un centimètre de diamètre ont été installés à intervalles réguliers dans les murs et le toit d’une ancienne maison afin de laisser passer un minimum de lumière. L’espace se module au gré de la météo et de la position du soleil.

Oeuvre de l'artiste Haruyuki Uchida . Triennale de Setouchi 2013.

Oeuvre de l'artiste Haruyuki Uchida . Triennale de Setouchi 2013.

  • Transforming form / Silent motion / Voice of Flowers・Color of Hearts (Forme qui se transforme / Mouvement silencieux/ La voix des fleurs. La couleur des cœurs). En mémoire de la culture des pyrèthes qui faisait prospérer l’ile, l’artiste japonais Haruyuki Uchida a planté des pyrèthes avec les habitants et les a installés dans une ancienne maison, enroulés comme les spirales anti-moustiques qu’ils servent à fabriquer.

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