Awa Odori, la reine des danses   阿波踊り

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Une danseuse du festival Awa Odori (Tokushima), coiffée du chapeau traditionnel amigasa.

Une danseuse du festival Awa Odori (Tokushima), coiffée du chapeau traditionnel amigasa.

Les danses de l"Awa Odori à Tokushima.

Les danses de l"Awa Odori à Tokushima.

Les danseuses de l'Awa Odori.

Les danseuses de l'Awa Odori.

Danseuses du festival Awa Odori

Danses du Awa Odori Matsuri.

La danse des fous

L’Awa Odori, ou danse d’Awa, est dansée lors de la fête des morts, Obon. C’est l'une des danses traditionnelles les plus courantes au Japon, et la plus aimée.

« Des fous dansent, des fous regardent, tant qu’à être fous, autant danser ! »

Une fête locale

La citation ci-dessus provient des paroles de celle qui est devenu la danse traditionnelle japonaise par excellence. Une gigue qui remonte au XVIe siècle (au moins), lorsque le seigneur de Tokushima fit distribuer de grandes quantités d’alcool pour célébrer l’achèvement de son château.

L'Awa Oodori était autrefois mal vue par les autorités, trop populaire, trop vulgaire. Elle était interdite aux samouraïs. Aujourd’hui, elle est classée au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO et tient son principal festival à Tokushima, sur l’île de Shikoku entre le 12-15 août, pour la fête d’Obon.

Une danse traditionnelle nationale

On retrouve désormais les ren, les compagnies de danseurs, dans toutes les villes du Japon et même, en mai 2015 à Paris pour une édition spéciale. Tous les grands matsuri (festivals) des villes japonaises invitent les danseurs d’Awa à faire des démonstrations. C’est cependant à Tokushima que le spectacle de plusieurs milliers de danseurs est le plus impressionnant. Le festival attire alors près de 500 000 visiteurs dans cette petite ville de province.

Danse des fous

La danse d’Awa semble parfois improvisée, avec des gestes d’apparence libre, comme ceux d’un fou. Ils sont en réalité extrêmement chorégraphiés et répétés avec rigueur tout au long de l’année. Les femmes sont particulièrement élégantes dans leurs kimonos aux couleurs vives, différents selon les équipes, et leurs chapeaux de paille amigasa. Elles avancent à petits pas avec des gestes gracieux, les bras mettant en valeur leur ligne et chantent « Hayaccha yaccha », qui n’a pas de sens mais entraîne les danseurs. Les paroles de la danse n’ont généralement pas de sens.

Les hommes, vêtus de vestes courtes et de foulards masquant une partie de visage, les entourent et exécutent des danses de fous beaucoup plus expansives. Les enfants les accompagnent dans leurs gestes. Ces enfants peuvent faire à peu près ce qu’ils veulent, accentuant le chaos apparent de la danse. Des musiciens les accompagnent, portant tambour, flûtes, shamisen (luth japonais) et autres instruments.

Jour et nuit

Si vous observez ces danses en journées, vous n’aurez qu’un sage aperçu de la danse d’Awa : c’est la version nagashi. Lorsque la nuit tombe, c’est là que les danseurs se déchaîneront en dansant la version zomeki. Les spectateurs sont alors encouragés à danser eux aussi. Plus il y a de fous…

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