Ame-shin, l’atelier d’amezaiku à Tokyo   飴細工アメシン

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Amezaiku

Amezaiku

Amezaiku, le poisson rouge du magasin Ame-shin

Amezaiku, le poisson rouge du magasin Ame-shin

Jolis bonbons

Ame-shin est une confiserie d’amezaiku, une sorte de bonbon "sculpté". La jeune entreprise basée à Tokyo allie tradition et innovation et propose des ateliers de confection où l’on peut s’essayer à la fabrication de ces bonbons. Découvrez cet art populaire millénaire.

L'atelier Ameshin

L'atelier Ameshin

Amezaiku : des bonbons vieux de plus de 1 000 ans !

Les amezaiku, ces confiseries aux formes élaborées, seraient originaires de Chine et auraient été confectionnées au Japon dès le VIIIè siècle, pour servir d’offrandes aux statues de Bouddha dans les temples de Kyoto, alors capitale du pays. Plus tard, à l’ère Edo (1603-1868), les confiseurs japonais inventèrent le mizuame (littéralement "bonbon eau"), un sirop de fécule qui rendit la fabrication des bonbons plus facile et moins chère.

Les humains eurent alors eux aussi droit aux amezaiku et les artisans prospérèrent. Ils fabriquaient leurs bonbons dans les rues, à la demande des clients, et certains d’entre eux agrémentaient leur démonstration d'histoires ou de tours de magie, offrant ainsi un véritable spectacle très apprécié par les gens du peuple. Le procédé de fabrication, transmis de génération en génération, n’a guère changé depuis cette époque, faisant des amezaiku un véritable objet d’artisanat traditionnel. Il ne resterait actuellement plus qu’une centaine d’artisans confiseurs d'amezaiku.

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Dextérité et rapidité : les maître-mots

La pâte de sirop de fécule est préparée à l’avance puis mise à chauffer à une température d’environ 80-90°C. L’artisan travaille ensuite une petite boule de pâte chaude avec ses mains (les fabricants d’amezaiku ont tous les mains brûlées !) : il tire dessus, la plie et la pétrit jusqu’à obtenir la bonne consistance  et la brillance recherchée. Il plante alors sa boule sur un bâtonnet et lui donne forme. Une fois encore, il tire, tord, plie la pâte et la découpe à l’aide de ciseaux japonais traditionnels pour former des sculptures d’animaux, de poissons ou tout autre objet demandé par les clients. Et tout ceci doit être réalisé en quelques minutes avant que la pâte ne refroidisse entièrement. Une véritable prouesse qui font des ces confiseurs des artistes ! Les artisans peuvent aussi faire des bonbons de plusieurs couleurs en mélangeant des colorants artificiels à la pâte.

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Ame-shin : entre tradition et innovation

Ame-shin est une fabrique d’amezaiku qui s’est installée en 2013 à Asakusa et qui a ensuite ouvert une autre boutique dans le complexe commercial Solamachi de la Tokyo Skytree en 2015. Bien que récente, la maison confectionne ses amezaiku en combinant techniques traditionnelles et nouveaux procédés. Ses sucreries, parmi lesquelles le poisson rouge qui est devenu le produit phare de l’enseigne, sont de vraies oeuvres d’art. Shinri Tezuka, l’artiste-confiseur d’Ame-shin, donne des démonstrations de son art dans la boutique de la Skytree.

Mettez la main à la pâte

Conscient de la valeur esthétique et traditionnelle des amezaiku, Ame-shin expose ses confiseries et organise des ateliers de confectionCes ateliers sont en japonais (avec un manuel d’instructions en anglais) et se passent uniquement à Asakusa. Par contre, impossible d'acheter des confiseries à l'atelier, il faudra vous rendre à la boutique de Solamachi. En un peu moins de 2 heures, armé(e) d’une seule paire de ciseaux, vous pourrez apprendre à confectionner un lapin en sucre. Avant de vous lancer dans la confection de votre bonbon, vous pourrez vous entrainer avec une sorte de cire chaude (2 essais seulement) ayant à peu près la même consistance que le sirop de fécule. Vous devrez, comme un vrai artisan d’amezaiku, travailler la pâte très chaude en seulement 3 minutes, avant qu’elle ne refroidisse et durcisse. Il est possible de demander à l’artisan de vous aider au début du processus de fabrication, notamment quand la pâte est brûlante. Seul(e), vous ne réaliserez peut-être la forme exacte d'un lapin mais vous aurez eu le plaisir d'apprendre un art populaire millénaire et la satisfaction de vous dire "C'est moi qui l'ai fait !".


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