La filature de soie de Tomioka   富岡製糸場

Date de publication :
L'entrepôt ouest

L'entrepôt ouest

L'intérieur de la filature de soie de Tomioka

L'intérieur de la filature de soie de Tomioka

L'atelier de dévidage de la filature de Tomioka

L'atelier de dévidage de la filature de Tomioka

La résidence des ingénieurs français à Tomioka

La résidence des ingénieurs français à Tomioka

La résidence des formatrices françaises de la Filature

La résidence des formatrices françaises de la Filature

La maison de la famille Brunat

La maison de la famille Brunat

Remonter le fil de la révolution

La filature de soie de Tomioka, mise en place grâce à l'aide de la France, fut un maillon important de la révolution industrielle japonaise. Malgré la cessation d’activité en 1987, cette usine reste quasiment dans son état d’origine.

La filature de soie de Tomioka fut créée en 1872 à Tomioka, dans la préfecture de Gunma, en tant qu’usine modèle d’État par le gouvernement japonais.

Favoriser l'essor industriel

À la fin de l’époque Edo (1603-1868) la restauration de Meiji permit l’ouverture du pays aux étrangers et les échanges commerciaux se développèrent. À l’époque, la soie grège japonaise était le produit d’exportation le plus important du pays. En Europe, la propagation de la pébrine, la maladie du ver à soie, et en Chine la période de la révolte des Taiping firent gravement chuter leurs productions. Le gouvernement japonais accéléra la modernisation du pays et décida alors de construire l’usine modèle d’État.

La France à l’œuvre

Le gouvernement fit appel à la France et un traité fut conclu pour sa construction. La mission fut confiée au français Paul Brunat, l’inspecteur de la soie grège envoyé à Yokohama par une maison de commerce de Lyon. Il choisit Tomioka pour sa situation privilégiée : la sériciculture y était déjà développée et toutes les conditions étaient réunies : eau, charbon, accord des habitants. La filature fut inaugurée en 1872. C’était l’une des plus grandes filatures mondiales à l’époque. Brunat respecta les traditions et l’artisanat japonais tout en le complétant avec son savoir-faire. Il commanda une machine à vapeur en France adaptée au climat du Japon ainsi qu’à la morphologie japonaise. Puis il fit venir deux ingénieurs, quatre ouvrières fileuses et trois fileurs en tant que formateurs. 

Une qualité primée

Dès 1873, la qualité de la soie grège de Tomioka devint l'une des meilleures du monde, en remportant le 2e prix à l’Exposition universelle de Vienne. Elle devint aussi la plus exportée en volume, notamment à Lyon et New-York. En 1893, cette usine fut cédée à la maison Mitsui, et changea de propriétaires plusieurs fois. Même pendant la guerre, ce fut l’une des rares entreprises à poursuivre son activité. Elle fut heureusement épargnée par les bombardements.

Lire aussi : Washi, le papier de soie japonais

En 1987, après 115 ans d’activité, la filature met la clef sous la porte. En cause : la baisse du prix de la soie au Japon. Aujourd’hui, ce patrimoine industriel n’a pas simplement contribué à la modernisation du pays, ce fut aussi un outil très important de sa révolution.

À visiter

La visite se fait en extérieur, à l'exception de l’atelier de dévidage et de l’entrepôt à cocon ouest. 

  • L’ensemble des bâtiments a été dessiné par Auguste Bastien et essentiellement construit avec une structure en bois à la japonaise et des murs de briques à la française, ce qui n’était pas très courant à l’époque. Le toit, lui, est en tuile japonaise. Les fenêtres et les portes ont été importées de France. Plus de 500 ouvrières travaillaient et vivaient jadis sur place.
  • L’atelier de dévidage. 140 mètres de longueur, 300 machines reparties en deux rangées. La salle est très lumineuse grâce à de grandes fenêtres en verre.
  • Les entrepôts à cocon est et ouest. 104m x 12m en deux étages. 32 tonnes de cocons pouvaient être stockées à l’étage.
  • La maison du directeur, qui fut au début la résidence de la famille Brunat.
  • Les résidences des techniciens français et formatrices françaises.
  • Le local de la chaudière à vapeur, ainsi qu’un immense réservoir d’eau en fer qui pouvait contenir jusqu’à 400 tonnes d’eau.
  • La clinique et l’internat.

La filature de soie de Tomioka est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2014.

Lire aussi : Les sites japonais de fer et d'acier classés au patrimoine mondial de l’UNESCO

Les commentaires Découvrez les commentaires de nos voyageurs

professeur universitaire

l'article complète la présentation faite dans "Ces Français au Japon" sui privilégie les échanges entre la cuivrerie de Cerdon et la filature de Tomioka dès 1871. ensemble passionnant