Le Senso-ji à la loupe   浅草寺の秘密

Date de publication :
Une porte sacrée dans le quartier d'Asakusa (Tokyo).

Un temple bouddhiste et la porte du Tonnerre, Kaminari-mon, marque l'entrée du temple Sensôji dans le quartier d'Asakusa à Tokyo.

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La cloche du Senso-ji sonne tous les matins à 6h

Le kamiramon, porte du tonnerre, marque l'entrée du temple Sensô-ji à Asakusa (Tokyo).

Le kamiramon, porte du tonnerre, marque l'entrée du temple Sensô-ji à Asakusa (Tokyo).

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La pagode à cinq étages

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Estampe d'Hokusai illustrant le Komagatadô au bord du fleuve Sumida

Secrets sacrés

Le Senso-ji est l’une des visites incontournables de la capitale nipponne. Il faut dire que la majestueuse Kaminarimon (porte du Tonnerre) ornée de sa gigantesque lanterne, la rue commerçante Nakamise-dori, la Hozomon (porte de la salle aux trésors), la pagode et le hondô ont de quoi séduire les visiteurs. Mais que vous soyez un(e) habitué(e) des lieux ou que vous vous y rendiez pour la première fois, vous pourriez fort bien ne pas prêter attention à certains petits détails pourtant riches de sens.

Cette visite du Senso-ji à la loupe tend à vous faire découvrir les petites histoires qui font la grande Histoire. Que les réfractaires à l’histoire se rassurent. Il ne s’agit en aucun cas de délivrer un cours magistral ou une description exhaustive des lieux. Profitez simplement de cette balade qui met en lumière des anecdotes ou petits évènements liés au célèbre temple d’Asakusa.



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Le Komagatadô

1. Le Komagatadô

Cette visite un peu particulière du Senso-ji débute à l’écart de celui-ci ! À quelques minutes à peine du rutilant complexe, se situe un petit temple à la valeur historique ô combien importante : le Komagatadô.

Il est établi à l’endroit précis où fut découvert la statue en or de Kannon à l’origine du Senso-ji. En 628, Hamanari et Takenai Hinokuma, deux frères pêchant dans les eaux du fleuve Sumida, remontent dans leur filet la précieuse sculpture à qui l’on consacre rapidement un temple. Le Komagatadô, fondé au 10ème siècle, commémore cette découverte.

Situé en bordure du fleuve, ce lieu, devenu sacré, constitue jusqu’en 1742 le point d’accostage des bateaux de pèlerins venus visiter le Senso-ji. Perpétuez cette tradition et faîtes du Komagatadô la première étape de votre visite au Senso-ji !


2. La lanterne de la Kaminarimon

Maintes fois représentées par les plus grands artistes de l’ukiyo-e, le chôchin géant (lanterne pliante) de la Kaminarimon est un symbole prégnant du Senso-ji.

Il faut dire qu’avec ses dimensions XXL, cette lanterne en papier washi et bambou ne passe pas inaperçue. Mesurant 3,9 mètres de haut et d’un diamètre de 3,3 mètres, le luminaire pèse près de 700 kg !

Bien que photographiée sous toutes les coutures par des milliers de visiteurs chaque année, un détail peut vous échapper : un encart doré indiquant son affiliation avec la grande firme d’électronique Panasonic 

Depuis 1960, la firme nippone offre tous les dix ans une nouvelle lanterne au Senso-ji selon la volonté de Konosuke Matsushita (1894-1989), son fondateur. 

C’est en effet à cette date que la Kaminarimon, détruite par un incendie en 1895, fut reconstruite. L’homme d’affaires fut sollicité par le prêtre en chef qui cherchait des soutiens financiers. Particulièrement sensible à la diffusion la plus large possible de la culture japonaise, Matsushita engage sa firme dans la restauration de ce patrimoine inestimable. 

Dès lors, Panasonic confie la réalisation du gigantesque chôchin à l’atelier kyotoïte Takahashi Chôchin Kabushiki Kaisha. La lanterne actuelle, installée depuis novembre 2013, est la 5ème lanterne parrainée par Panasonic.

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Plusieurs inscriptions sur la lanterne attestent de la filiation avec la firme Panasonic

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Dragon sculpté sous la lanterne

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L'immense lanterne sait se faire plus discrète quand il le faut

3. La cloche du temps

Au 17ème siècle, le poète Matsuo Basho (1644-1694) écrivait : "Dans la brume des cerisiers en fleurs, un son de cloche. Ueno ? Asakusa ?" (Hana no kumo kane wa ueno ka asakusa ka). 

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La cloche du Temps du Senso-ji

Ce haïku immortalisait alors les "cloches du temps" dispersées dans la ville qui informaient de l’heure tous les citoyens d’Edo en sonnant six fois par jour. 

Sachez que la cloche du temps ou toki no kane d’Asakusa, située dans l’enceinte du Senso-ji, sonne toujours ! 

Installée sur une petite colline où trône également le Bentendô, un petit temple dédié à Benzaiten, la cloche ne se fait désormais entendre qu’à 6h du matin

Si vous n’êtes pas très matinal, une seule autre occasion d’écouter le son pur de la toki no kane s’offre à vous : assister à la cérémonie de célébration du Nouvel An le 31 décembre.

Ce soir-là, la cloche sonne 108 fois pour signifier le début d’une nouvelle année pleine de promesses devant de très nombreux fidèles. Et là, impossible de ne pas entendre car 40 minutes sont nécessaires pour venir à bout des 108 coups de cloche !


4. La stèle de l'ancienne pagode

La pagode actuelle du Senso-ji est une reconstruction en acier et béton armé de 1973 ; la précédente ayant été détruite par les raids aériens qui frappent la capitale lors de la seconde guerre mondiale. 

Mesurant 33 mètres de haut, la nouvelle pagode à cinq étages est érigée dans la partie ouest de l’enceinte du complexe alors qu’elle se trouvait auparavant du côté est.

Aujourd’hui, une stèle gravée marque d’ailleurs l’emplacement originel de l’édifice. 

Mais l’histoire de la pagode du Senso-ji est bien plus complexe qu’il n’y parait. Les sources anciennes mentionnent en effet l’existence de deux pagodes dès le 10ème siècle : l’une, haute de 5 étages à l’est et l’autre de 3 niveaux à l’ouest. Toutes deux sont détruites par un incendie au début du 17ème siècle.  

En 1648, le shogun Tokugawa Iemitsu n'ordonne la reconstruction que de la tour de 5 étages. La pagode restera alors à l’est encore près de 400 ans. 

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Stèle marquant l'emplacement de la pagode originelle

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Kinryu no mai au senso-ji

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Danse des Hérons blancs

5. Les danses sacrées

Outre les multiples réédification de ses bâtiments, le Senso-ji a redonné vie depuis les années 1960 à des danses traditionnelles parfois tombées dans l'oubli. 

Parmi celles-ci, il convient de citer la danse du dragon doré ou kinryu no mai. Célébrée tous les 18 mars et 18 octobre, cette danse met en scène le dragon qui serait tombé du ciel dans la forêt de pins d'Asakusa peu de temps après la découverte de la statue de Kannon dans les eaux de la sumidagawa. 

Pour manipuler le colossal dragon de 18 mètres de long et pesant 88 kg, huit porteurs sont nécessaires !  

À la mi-avril et tous les 3 novembre, c'est un autre animal qui prend vie et danse à travers tout le Senso-ji : le héron blanc. La danse du shirasagi no mai était pratiquée à l'époque de Heian (794-1185) à Kyoto. Elle fut relancée par les autorités du temple en 1968.

Dans cette performance, les danseurs arborent de somptueux costumes immaculés. Tendez l'oreille, on pourrait presque entendre le bruissement de leurs ailes déployées.

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