Meikyoku Kissa Lion   名曲喫茶ライオン

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Meikyoku Kissa Lyon

L'entrée du café Meikyoku Kissa Lion, à Shibuya (Tokyo).

Amen le café

Dans le quartier de Shibuya,un café presque centenaire se cache derrière une sobre façade. Depuis 1926, aussi solide qu’une cathédrale, l’établissement propose une carte de boissons, simple, mais salvatrice.
Ambiance feutrée, éclairage vacillant, murmures discrets... C’est dans le silence que l’on boit son café au Meikyoku Kissa Lion, sous peine d’être rappelé à l’ordre par le personnel. Une carte simple mais de qualité, accompagnée de musique classique : C’est le principe même des meikyoku kissa, qui autrefois attiraient des hordes de mélomanes Tokyoïtes.  

L'âge d'or des kissaten 

Ces derniers sont directement inspirés des cafés européens, et ont vu augmenter leur nombre depuis l’ère Meiji, qui correspond aussi à l’ouverture à l’occident. Il existait des kissaten pour tous les goûts musicaux : classique, jazz, rock, mais aussi certains étaient destinés aux rencontres d’affaires, avec mise à disposition de téléphones tandis que d’autres se spécialisaient dans la préparation d’un blend unique de café. 

L’âge d’or des kissaten eut lieu dans les années 70 et avait fort à voir avec la difficulté avoir chez soi des produits bien souvent européens (Machines à café et à torréfier, vinyles…). Malgré la perte de popularité de ces espaces au profit des grandes chaines, le café Lion reste inébranlable dans un des quartiers les plus effervescents de la ville, porteur de cet héritage plus que centenaire. 

Inchangé depuis 1926

Décor sobre, chaises en bois, fauteuils en cuir, rideaux délavés ainsi qu’un imposant balcon rappelant un théâtre et accessible depuis le deuxième étage. À noter aussi la présence de l’imposant système sonore 3D se substituant au tabernacle, entouré de magnifiques colonnes doriques en bois. Tout est fait pour transporter la clientèle dans un monde baroque. Les compagnons de boisson seront des vieilles étagères, des livres d’époque, un équipement sonore cinquantenaire et une collection de vinyles impressionnante. 

Le menu est aussi court qu’une arietta : café au lait, café serré, limonade, et thé. Une simplicité proportionnelle à sa qualité, qui reste inchangée depuis 1926. Aucune nourriture n’est autorisée ou servie. Par contre Chopin, Liszt, ou Bach sont à volonté depuis toujours, malgré le court interlude ayant marqué la destruction du café pendant la guerre, puis sa reconstruction à l’identique. Délice ultime : Il est possible de demander sa musique favorite. Une bonne manière de décompresser et de s’évader de la fourmilière qu’est Tokyo. Bien des étudiants viennent y réviser dans l’ascèse et le silence absolu.

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