Musée d'art métropolitain Teien   東京都庭園美術館

Date de publication :
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Un palais princier art deco au cœur de Tokyo

Teien Metropolitain Art Museum

Vue de l'intérieur du palais en 1933

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Le salon d'apparat dans les années 1930

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Les luminaires de René Lalique en forme d'ananas et grenades

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Le salon du Prince au 2ème étage

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La grande salle à manger propose une vue superbe sur les jardins du musée

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La prince Asaka Yasuhiko

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Un palais art déco aux formes géométriques épurées

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Porte en verre gravé de Max Ingrand surmonté d'un tympan en fer forgé de Raymond Subes

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Chandeliers Bucarest réalisés par René Lalique

La french touch au palais princier

La présence d’un élégant et sublime palais princier dans le style Art déco en plein cœur de Tokyo peut surprendre. D’autant plus, que sa décoration est l’œuvre des plus grands artistes Art Déco français ! Dans cette demeure transformée en musée depuis 1982, vous pénétrez les pièces d’apparat et les appartements privés de la famille princière. Une visite originale à couper le souffle !

L’Art Déco à la conquête de l’archipel

En 1925, le prince Yasuhiko Asaka (1887-1981), gendre de l’emprereur, et sa femme, la princesse Nobuko (1891-1933), visitent l’exposition Internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris, où les plus grands maîtres du mouvement Art déco, alors à son apogée, exposent leurs dernières créations. Étudiant à l’école militaire de Saint-Cyr depuis le début des années 1920, le prince est grandement séduit par ces œuvres ; des œuvres s’inscrivant dans le renouvellement esthétique de la forme et la recherche d’un nouvel art de vivre. L’influence de cette exposition est telle que de nombreux artistes français sont appelés à travailler sur des grands chantiers internationaux dans les années qui suivent. Ainsi, le peintre et décorateur, Henri Rapin (1873-1939) est mandaté en 1931 par le prince pour concevoir et superviser la décoration de son futur palais au cœur de Tokyo. Le prince souhaite construire un palais moderne inspiré des modèles architecturaux occidentaux ; moderniser le pays et rivaliser avec l’occident constituant encore deux leitmotivs de l’archipel au début de l’ère Showa (1926-1989).

Lire : Le musée Nezu

Alliance franco-japonaise

L’architecte en charge de la construction de la villa, Gondo Yokichi, dépend du Bureau des Travaux de la Maison Impériale mais la décoration des pièces principales est confiée à des artistes français : Henri Rapin, le verrier René Lalique (1860-1945), le sculpteur Ivan-Léon Alexandre Blanchot (1868-1947), le peintre et verrier Max Ingrand (1908-1969) et le ferronier d’art Raymond Subes (1891-1970). Le luxe des matériaux employés, la préciosité des techniques et la place prépondérante des motifs végétaux géométrisés sont caractéristiques du style Art Déco. Henri Rapin propose une décoration totale jusque dans les moindres détails : papiers peints, sols en mosaique, radiateurs, luminaires, portes et poignées, meubles, miroirs, parquets marquetés… Bien que la villa avec ses balcons, ses terrases et son jardin d’hiver soit de style occidental, certains éléments d’architecture et de design purement japonais (un tokonoma, un plafond en cyprès, des motifs de genjiko et seigaiha sur des radiateurs…) sont présents dans certaines pièces des parties privées du palais. La palais Asaka est le fruit d’une parfaite collaboration entre designers, artistes, architectes et artisans japonais et français.


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Les magnifiques portes en verre réalisées par Lalique

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La "Tour des Parfums" conçue par Henri Rapin

De verre et de bronze

Le verre est très présent dans la décoration. Les portes d’entrée en verre du palais sont l’œuvre de Lalique. Pour celles-ci, il exécute quatre immenses vantaux en verre gravé. Chacun compporte un bas-relief avec une grande figure féminine. Il met en application des conceptions assez nouvelles de l’Art Déco en utilisant le verre dans l’architecture pour édifier des cloisons translucides et créer des jeux de lumière. Il réalise également des immenses chandeliers dentelés pour le salon et des luminaires aux motifs de grenades et d’ananas dans la salle à manger. Dans le salon, des portes en verre gravé de Max Ingrand sont surmontées des tympans ornementaux en fer forgé de Raymond Subes. Les pièces d’apparat du 1er niveau regorgent de bas-reliefs de Blanchot, de portes en bronze sculpté de Max Ingrand et de peintures d’Henri Rapin. Dans l’antichambre qui précède le grand salon, Henri Rapin a fait installer au centre de la pièce un objet intrigant et charmant à la fois : une "tour de parfum". Cette fontaine fabriquée à la Manufacture Nationale de Porcelaine de Sèvres diffusait d’agréables parfums dans toute la pièce.

La réouverture

Achevée en 1933, elle fut à partir de 1947 la résidence du premier Ministre puis de 1955 à 1974 celle des hôtes du gouvernement japonais. Classée Bien Culturel National Important en 2015, l’ancienne villa devenue musée rouvre ses portes le 18 novembre 2017 après plusieurs mois de travaux permettant une meilleure accessibilité aux personnes handicapées. Le musée d’art Teien constitue le témoignage visuel d’une explosion artistique contribuant au basculement de l’archipel dans la modernité. Avant de quitter les lieux, n’oubliez pas de parcourir le parc, le jardin japonais et sa maison de thé !

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