Le parc Hibiya   日比谷公園

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Une oasis de verdure au milieu des buildings de Tokyo

Une oasis de verdure au milieu des buildings de Tokyo

Le kiosque à musique du parc Hibiya en 1909

Le kiosque à musique du parc Hibiya en 1909

La tradition des concerts en plein air au parc Hibiya perdure depuis plus d'un siècle

La tradition des concerts en plein air au parc Hibiya perdure depuis plus d'un siècle

Restaurant Matsumoto-ro, parc hibiya

Le gingko centenaire se trouve devant le restaurant Matsumoto-ro

La Louve Capitoline du parc Hibiya offerte par les autorités italiennes au Japon en 1952

La Louve Capitoline du parc Hibiya offerte par les autorités italiennes au Japon en 1952

Au cœur de l'hiver, la fontaine se couvre de gel au parc Hibiya

Au cœur de l'hiver, la fontaine se couvre de gel au parc Hibiya

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Une rune scandinave, que l'on trouve au parc Hibiya

Le premier parc moderne du Japon

Dans quel lieu de Tokyo trouve-t-on un pavillon d’inspiration germanique, une reproduction de la Louve Capitoline, un jardin de tulipes, une rune scandinave, des courts de tennis, une pierre australe, des salles de concert en plein-air,  un restaurant français ou bien encore un ginkgo centenaire ? Le parc Hibiya, à quelques pas du Palais impérial, réunit tous ces éléments hétéroclites et bien plus encore !


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Le plan du parc Hibiya en 1907

Une inspiration venue d’occident

Conçu par le paysagiste Honda Seiroku (1866-1952), le parc Hibiya de Tokyo est inauguré en 1903. Il est créé pour répondre à une demande du gouvernement japonais, formulée en 1888, d’implanter des parcs publics dans le cadre de la réforme urbaine de la capitale. Par cette initiative, dans cette période de grandes mutations qu’est l’ère Meiji, les autorités nipponnes souhaitent illustrer la modernisation du pays et impressionner les étrangers de passage en définissant un nouveau modèle urbain

Lire aussi : L'ère Meiji (1868-1912)

Seiroku dessine un parc de 16 hectares directement inspiré des parcs européens qu’il a eu l’occasion de fréquenter durant sa formation en Allemagne. Les larges allées, la vaste pelouse centrale, l’introduction de tulipes et de pensées sont des emprunts directs à l’Occident. L’innovation réside également dans les équipements proposés et les nouveaux usages qui en découlent : l’accès 24h/24 à ce nouvel espace vert, le pavillon au style architectural germanique, la possibilité de déjeuner des mets européens �� la terrasse du restaurant Matsumotoro, l’implantation de courts de tennis et de deux kiosques à musique où la foule s’amasse nombreuse.


La persistance du Japon ancien

Loin de faire table-rase du passé, Seiroku maintient des caractéristiques traditionnelles. Le maître jardinier Ozawa Keijiro (1842-1932) réalise un jardin japonais autour d’un étang ; le Shinkei-ike. Une grue fontaine réalisée en 1905 par Tsuda Nobuo et Okazaki Yukio trône fièrement au centre du Shinkei-ike. L’hiver, en cas de grand froid, les ailes de celle-ci se parent d’étincelantes stalactites de glace. Seiroku conserve et aménage des vestiges de la muraille de l’ancienne forteresse d’Edo.

Lire aussi : Le Château d'Edo

Une douve est transformée en un étang, le Shinji-ike. Selon la terminologie des jardins japonais, son plan imite le kanj 心 signifiant "cœur". Quel que soit l’endroit de la berge où vous vous positionnez, vous ne pouvez appréhender le shinji-ike dans son intégralité, sa forme si particulière accentuant la profondeur. Le paysagiste transfère et installe d’autres éléments de l'ère d’Edo : un pont de pierre qui se trouvait initialement devant le temple Zojo-ji ainsi qu’un ginkgo de 400 ans des environs, destiné à l’abattage.

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L'étang Shinji en forme de "cœur" aménagé à partir d'une douve de l'ancienne forteresse d'Edo

Un inventaire à la Prévert

Le parc recèle d’objets commémoratifs du monde entier et cadeaux diplomatiques hétéroclites installés dans les années 1950-1960 : une monnaie de pierre des îles Yap, une rune scandinave commémorant le premier vol entre l’Europe et le Japon, un bloc de gneiss provenant d’une expédition japonaise en Antarctique, des haniwa (terres cuites funéraires), le buste sculpté de José Rizal, héros national philippin venu au Japon en 1888 et les répliques de la Louve Capitoline et de la Liberty Bell offertes respectivement par l’Italie et les Etats-Unis. Un véritable inventaire à la Prévert !

Le parc Hibiya est le syncrétisme parfait du Japon et de l’Occident. Seiroku concevra par la suite une centaine d’autres parcs dans tout le Japon, ce qui lui vaut d’être considéré comme le père des parcs modernes japonais.

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