Le kofun de Kitora et ses fresques   キトラ古墳

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Depuis 2013, le kofun de Kitora est à nouveau enseveli

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Le musée présente une reconstitution de la chambre funéraire

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Le tigre blanc de la chambre funéraire

Sous la protection des astres

La dernière pierre en place, la chambre funéraire fut scellée dans l’obscurité et le silence éternel. Son cercueil de bois disposé sous une carte céleste, le haut dignitaire défunt du kofun de Kitora fut placé durant 1 300 ans sous la protection des déités cardinales et des douze animaux du zodiaque.  

Une découverte récente

C’est en 1950 à l’occasion de travaux de voirie à Asuka que l’existence du kofun de Kitora est révélée. Lors des premières fouilles du kofun en 1983, les archéologues découvrent une peinture murale sur l’une des parois de la chambre funéraire. En 1998 puis en 2000, ils mettent au jour un ensemble bien plus vaste de peintures pariétales ; un véritable trésor historique et artistique amenant le site à être distingué comme Site Historique Spécial "Tokubetsu shiseki". Cette tombe tumulus circulaire a vraisemblablement été édifiée à la fin du VIIe ou au début du VIIIe siècle, à l’époque où Asuka était le centre politique et culturel du Japon. Ce kofun abrite une chambre funéraire de taille réduite : 2,6 mètres de long, 1 mètre de large et 1,3 mètre de hauteur. Elle est constituée de 18 pierres de tuf volcanique provenant du Mont Nijô ; le chemin d’accès porte encore les traces des rails permettant l’acheminement des matériaux.


Une nécessité : sauvegarder

En 2004, les fresques, entièrement mises à jour, sont grandement menacées par les nouvelles conditions atmosphériques et la prolifération de micro-organismes. La situation étant critique, les autorités prennent la décision de prélever, restaurer et conserver ex situ ces peintures réalisées il y a plus de 1 300 ans. Ce travail de longue haleine et haute précision dure douze ans ! 1 143 fragments, parfois ne faisant que 2 milimètres d’épaisseur, ont été patiemment découpés, transportés, restaurés et ré-assemblés pour sauvegarder ces chef d’œuvres. En septembre 2016, le Shijin no Yakata, musée dédié à la présentation des peintures, ouvre ses portes à Asuka. Il offre une reconstitution parfaite de la chambre funéraire et de son décor peint grâce à des images projetées. Quant aux originaux, bien qu’ils aient été exposés exceptionnellement en 2014 au Musée National de Tokyo, ils ne sont accessibles qu’aux chercheurs après accord préalable d’une commission d’expert.

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La plus ancienne carte céleste au monde estcelle du kofun de Kitora

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Le phoenix rouge figure sur l'une des parois de la chambre funéraire

La cosmogonie chinoise

Si l’identité du défunt n’est pas connue à ce jour, son haut rang social ne fait pas débat. Les vestiges du cercueil et les somptueuses fresques inspirées de la cosmogonie chinoise sont le signe d’une personnalité de premier ordre : un prince, un haut fonctionnaire ou un ministre selon les différents experts. Les shijin, déités associées aux points cardinaux, figurent sur les parois latérales : Seiriu, le dragon bleu de l’est, Suzaku, le phœnix rouge du Sud, Biyakko, le tigre blanc de l’Ouest et Genbu, la tortue-serpent noire du Nord. Six signes du zodiaque chinois sont également préservés : le rat, le bœuf, le tigre, le cheval, le chien et le sanglier. Elles ont pour particularité d’être représentées avec des têtes d’animaux sur des corps d’hommes et armes à la main. Enfin, au plafond, une carte céleste dépeint avec précision l’équateur céleste, l’écliptique figurant la trajectoire annuelle du soleil, la Grande Ourse, le soleil et la lune. Il s’agit de la plus ancienne carte céleste conservée au monde ! 

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En décembre 2013, la chambre funéraire a été refermée avec des matériaux similaires à l’époque. De nouveau enseveli, le kofun de Kitora est retourné à son sommeil éternel.

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